Voie romaine Arlon-Tongres

Les voies romaines, patrimoine exceptionnel de la romanisation de nos régions

Les voies romaines constituent un patrimoine majeur de nos régions : empreintes exceptionnelles de l’occupation romaine de nos régions, elles traduisent l’emprise de Rome sur les territoires nouvellement occupés. Elles devaient alors relier les principales agglomération et chefs-lieux de Cité établis par les romains.

À vocations administratives et militaires, elles permettaient un contrôle efficace des régions romanisées en permettant un déplacement exceptionnellement rapide pour l’époque des troupes, des fonctionnaires et des ordres. Ces voies furent aussi un puissant outil commercial en facilitant les échanges entre les différentes régions, ce qui contribua significativement à l’essor de Rome.

Réputées pour la qualité de leur mise en œuvre, ces voies principales construites progressivement ont été utilisées durant plusieurs siècles. Leurs traces dans le paysage sont encore bien visibles et il est encore possible de se balader sur certains de ces tronçons antiques. Il s’agit en réalité des plus grands objets archéologiques encore visible de cette époque dans nos régions.

Parce que leur origine a peu à peu été oubliée, ces chemins ont véhiculé de nombreuses légendes et parfois un sentiment identitaire fort. Elles forment par ailleurs un lien historique commun entre les européens et peu contribuer au développement d’initiatives originales de promotion, de valorisation et de collaboration.

La voie romaine Arlon – Tongres

La voie romaine Arlon – Tongres est une section d’une importante voie romaine reliant les deux chefs-lieux de cité que sont Divodurum (Metz) et Atuatuca (Tongres). Les différents auteurs ont rapidement émis l’hypothèse que cette voie majeure permettait les déplacements stratégiques à l’arrière du Rhin qui constituaient alors les limites de l’Empire (Balter et Dubois, 1939). Malgré son importance, elle n’est mentionnée sur aucun document antique (Table de Peutinger ou Itinéraire d’Antonin).

D’Arlon à Tongres, la voie romaine traverse la Lorraine belge, l’Ardenne, la Famenne (que la voie effleure), le Condroz, l’Ardenne condrusienne, la vallée de la Meuse et la Hesbaye. Ce sont donc des paysages très variés qui sont rencontrés par l’antique chaussée qui doit traverser plusieurs obstacles majeurs tels que rivières et des déclivités importantes.

De nombreuses agglomérations antiques et sites archéologiques ont bordé la voie romaine. Des vestiges importants ont pu être fouillés à Tongres, Kemexhe, Yernawe, Amay-Ombret, Strée, Vervoz, Wyompont, Warnach et Arlon. Tous avaient un lien fort avec la chaussée romaine qui a favorisé leur implantation et leur développement. De ces vestiges, quelques-uns restent visibles à Tongres et Arlon (ensembles urbains), ainsi qu’à Noville, Yernawe et Strée (tumulus).

Dater la période de construction de cette voie est difficile car elle a probablement été réalisées en plusieurs phases successives, et que les fouilles n’ont pas permis de trouver un matériel archéologique important directement sous la voie. Néanmoins, en étudiant les constructions bordant la voie et quelques objets trouvés sous celle-ci, certains auteurs avancent une période de construction durant la seconde moitié du premier siècle de notre ère (voir par exemple M.H. Corbiau, 2005). L’analyse des vestiges en bois d’un pont romain sur la Meuse à Ombret (Amay) a permis de mettre en évidence une première construction dès le dernier quart du premier siècle avant J.-C., ce qui tendrait à confirmer l’hypothèse que la liaison de Metz à Tongres existait dès cette période, et que la consolidation de la voie (empierrement systématique) est plus tardive (Witvrouw J., 2005).

Déterminer le tracé de la voie romaine Arlon – Tongres

Même si elle a attiré l’intérêt assez tardivement, de nombreux auteurs se sont se sont penchés sur le tracé de la voie romaine d’Arlon à Tongres (ou de Metz à Tongres). Même si les premières sources d’informations sont peu explicites sur le parcours suivi par la chaussée, de nombreuses études ultérieures, tant locales (sur un site archéologiques) que globales (sur tout le parcours) ont permis de le préciser.

Le parcours présenté dans la section parcours interactif est une collection d’information à partir de nombreuses sources d’informations (voir les références). À ce jour, l’intégralité du parcours n’est pas connue dans ses détails. Un tronçon particulièrement important est aujourd’hui non confirmé entre Chardeneux et Beausaint : il s’agit d’un tronçon à proximité de l’Ourthe où le relief et la rivière rendent la reconnaissance du tracé particulièrement complexe.

Entre Arlon et Tongres, la chaussée a un parcours de près de 145 kilomètres. Si celui-ci présente de longue section rectiligne sur le plateau ardennais (à proximité de Bastogne), en Condroz (entre Chardeneux et Strée) et en Hesbaye, le tracé la voie est moins régulier dans les autres régions où la topographie, les obstacles naturels et la probable utilisation de cheminement plus anciens commandent un tracé complexe.

Nous vous conseillons la lecture de deux documents récents qui permettent d’appréhender la voie romaine dans son intégralité, soit d’un point de vue géographique (Breuer C., 2008), soit d’un point de vue archéologique (M.H. Corbiau, 2005).

Une approche collaborative et un projet pilote

Parce que nous considérons que la voie romaine est un patrimoine remarquable de nos régions et qu’il est en péril, nous avons décidé de mettre en œuvre un outil interactif et collaboratif permettant d’accroître les connaissances sur la voie romaine Arlon – Tongres. Nous avons donc décidé de la mise en œuvre d’un site internet de diffusion du tracé qui contiendrait en outre de nombreuses informations sur les éléments à proximité de la voie. Vous pouvez découvrir le résultat de ce projet pilote dans la section parcours interactif.